SAINT PHILIBERT À l’UNESCO

ABBAYE SAINT-PHILIBERT DE TOURNUS
CANDIDATE AU PATRIMOINE DE L’UNESCO

Pourquoi Tournus ?

L’abbaye Saint-Philibert de Tournus constitue un témoignage majeur de l’architecture monastique européenne antérieure à la « réforme » cistercienne . Au cœur d’une enceinte fortifiée inscrite dans un riche ensemble de bâtiments conventuels dont les caractéristiques essentielles sont restées préservées, son église abbatiale compte parmi les plus grands édifices religieux construits au début du XIe siècle. Ses particularités en font un rare et précoce exemple des recherches novatrices qui ont accompagné l’épanouissement de l’art roman.

Tout en conservant de façon bien lisible la marque des principales étapes de son histoire, elle a toujours évolué sans que la « grave et massive carrure, la ronde et large voûte, la nudité glaciale »de Saint-Philibert ne perde rien de sa « majestueuse simplicité ». (Victor Hugo – Notre-Dame de Paris, 1831, Livre 3).

Son histoire témoigne d’étapes importantes du développement des sociétés européennes. De ses origines mérovingiennes, de sa fondation en 875 par Charles le Chauve pour abriter la communauté philibertine en exode, et jusqu’à son apogée du XIIe siècle, elle illustre la place qu’a tenu le monachisme dans l’évolution des pouvoirs séculiers. Elle est aussi exemplaire du rôle déterminant que joua le culte des reliques dans l’émergence des premiers grands réseaux monastiques.

Tournus et le Tournugeois marquent un seuil, une rencontre d’aires historiques Nord et Sud. On peut y reconnaître l’empreinte de plusieurs transitions culturelles : limites du droit coutumier et du droit écrit, jonction linguistique du franco-provençal et des langues d’oïl, passage de spécificités architecturales généralement propres au Nord et au Sud…

Le riche environnement patrimonial de Tournus (une vingtaine d’édifices y sont protégés au titre des Monuments Historiques, dont trois églises romanes) se prolonge, dans le Tournugeois et ses proches environs, par un ensemble d’une exceptionnelle densité d’églises romanes rurales, liées ou non au domaine de Saint-Philibert.

Enfin, on peut également comprendre dans le patrimoine de l’abbaye les lieux d’accueil successifs des moines, depuis leur départ de Noirmoutier jusqu’à leur fixation à Tournus, ainsi que les autres dépendances philibertines éloignées du siège…

C’est aussi une perspective de développement culturel, touristique et économique. En synergie avec les actions envisagées par la Ville de Tournus et par les associations patrimoniales, l’association voit dans son objet une opportunité majeure pour le site abbatial, le développement culturel, touristique et économique de la ville de Tournus, du département de Saône-et-Loire, de la région Bourgogne…

Choisis parmi les nombreuses études consacrées à l’abbaye, trois extraits permettent de prendre la mesure de son importance historique et patrimoniale :

«  Ces éléments visibles dans une architecture régionale ne sont probablement pas l’œuvre de maçons extérieurs, du moins à ce niveau, mais résultent d’une architecture qui a su s’ouvrir sur l’extérieur et certainement opérer les transformations nécessaires pour renouveler son art de bâtir. Saint-Philibert est pour cela exemplaire, beaucoup plus que Saint-Étienne d’Auxerre ou que Saint-Bénigne de Dijon car on y voit constamment cette ouverture et cette adaptation au moins dans toute la première moitié du siècle [le XIe]. Sa position géographique n’y est sans doute pas étrangère pas plus que l’élan donné probablement par Hughes de Chalon, lié par sa famille au duc de Bourgogne (Henri sera son beau-frère). Nœud de confrontations liturgiques et politiques à proximité des terres d’Empire, des ambitions clunisiennes et des enjeux capétiens, Saint-Philibert n’en finit pas de révéler par ses formes et ses techniques la complexité d’une époque. Gageons que dans le futur l’archéologie réservera à nos successeurs encore d’autres réalités ». Christian Sapin , Directeur de recherches CNRS, Actes du Colloque du C.I.E.R,, 1994

« Dans sa première étude, la place du chevet de l’abbatiale parmi les grands monuments du début du XIe siècle fut mise en évidence… » « La seconde étude démontra qu’à la génération suivante, le voûtement de l’avant nef et la nef, dont la beauté et l’audace ont fait la célébrité de l’édifice, avait été une autre expérience décisive pour l’avenir de l’architecture romane ».
Éliane Vergnolle, professeur d’université, préface à la réédition d’articles de Jacques Henriet, 2008

«  les édifices qui ont quelque rapport avec Tournus doivent plutôt être cherchés en Rhénanie du nord et en Saxe, qui étaient aux Xe et XIe siècles les régions les plus novatrices. »
Alain Guerreau. Directeur de recherches CNRS, « édifices romans en Saône-et-Loire : Bilan, questions, perspectives ». 2009.

mailto:abbaye@de-tournus.com

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